Quand j’ai eu la possibilité de faire des tests Retrogaming, je savais quelle console j’allais faire en premier, la Mega Drive. La console la plus vendue de chez Sega et surtout celle qui a permis de faire un bon en avant techniquement et de remiser au placard la génération précédente soit les 8 Bits (NES et Master System).

En revanche quand il a fallu choisir le jeu, j’ai longuement hésité sur du classique ou du moins connu. J’ai choisi cette seconde option avec Herzog Zwei.

 

 

Dés que l’on touche à la « guerre » les éditeurs japonais ont tendance à s’appuyer sur la langue allemande. Et même si nous ne sommes pas à proprement parler sur un « War game » la notion de conflit a donc imposé ce nom de Herzog Zwei (Littéralement Herzog Deux). C’est donc la suite de « Herzog » sorti uniquement au Japon sur diverses plateformes : MSX, Nec PC-88, PC-98 et Sharp X1.

 

Jaquette Herzog PC88

Herzog sur PC88

Herzog sur MSX

 

L’écart technologique saute aux yeux dés l’allumage de la console. Et première bonne nouvelle on retrouve les thèmes musicaux du premier opus largement retravaillés et d’une superbe qualité.

Pour en venir à l’histoire, d’après le livret américain vous incarnez Ludwig qui a réuni des forces armées puissantes autour de lui pour libérer la République d’Aria de l’emprise du dictateur oppressif « Herzog Eins » (Herzog Un !)

 

Ecran titre Japonais

 

Le jeu : Spielanleitung

Vous incarnez le mecha sur la gauche de l’écran, rouge qui fait parti de l’armée de Ludwig. Celui de droite, bleu donc, sera le second joueur, l’ordinateur ou un membre de l’armée du pouvoir en place. En mode solo vous aurez la possibilité de choisir entre un affichage splitté pour voir ce que fait votre adversaire ou un grand écran avec seulement votre vaisseau. Il y a 8 stages différents avec 4 niveaux de difficultés chacun (notés A, B, C, D)

 

Ecran splitté

Jeu en plein écran

 

Abgrund : (Canyon) Foret avec un vaste plateau scindé par une rivière

Vulkan : (Volcan) Sol volcanique avec une coulée de lave en son milieu qui détruit tout ce qui la touche

Loch : (Caverne) Tableau labyrinthique.

Strand : (Plage) Îles au milieu de l’océan

Stadt : (Ville) Ville industrielle devenue une aire de combat

Eisfrei : (Terre glacée) Glace et neige peuvent mettre en péril les troupes au sol.

Waldung : (Jungle) Jungle humide et dense

Oase : (Oasis) Petite Oasis dans un vaste désert

Votre Mecha peut voler ou marcher, au sol il peut attaquer les ennemis sur la terre ferme, en vol il peut vaincre les adversaires aériens néanmoins il ne peut pas se poser dans l’eau. Vous êtes limités par le carburant emporté dans le vaisseau pour vos déplacements ainsi que par les HP que vous pouvez encaisser. Ce robot est aussi un transporteur et peux emporter des troupes ou du matériel. En revanche la consommation de carburant est le triple pour la transformation en jet par rapport au Mecha, et elle est encore le triple en mode transport par rapport au mode avion simple.

Il y a déjà beaucoup d’informations à prendre en compte mais le but du jeu est tout simple : vous pilotez le Mecha/Jet et vous devez vaincre votre alter ego équipé à l’identique de vous. Le seul moyen d’être vainqueur est d’attaquer sa base principale avec vos troupes et forces d’attaque.

Des bases mineures sont disposées sur la carte de jeu et sont reparties à 50 % pour chaque joueur, avec les plus proches de vous affectées à votre commandement. Ces bases permettent d’acquérir de l’argent automatiquement, et cet argent permet de construire des forces d’attaques et de défense. Ces bases mineures n’ont pas d’influence sur le gain de la partie et peuvent être prises en déposant 4 soldats qui vont l’investir et la faire changer de couleur.

En appuyant sur C vous ouvrez l’écran de Stratégie qui permet de construire le matériel suivant :

AMR-51D soit un véhicule blindé terrestre,

TAX-52 un tank terrestre,

SAM-42 une défense anti-aérienne terrestre,

ST-57U un bateau,

SUPPLY un camion de ravitaillement,

GMR-34A un canon stationnaire terrestre,

INFANTRY est un soldat terrestre qui permet de prendre les bases mineures ennemies ou neutres,

FWA qui est une moto d’attaque terrestre.

 

Ecran de construction d’unité

 

Évidemment les blindées auront une force de frappe plus puissante que les engins légers et seront plus solides mais ils seront plus chers et plus longs à produire. Le temps de production est indiqué par une clé à molette clignotante sur l’écran et un fois construit un symbole ok apparaît prévenant que l’équipement est prêt à être récupéré sur la base principale et à être déployé.

A ces machines produites vous pouvez leur affecter les ordres suivants :

BDF-1SD soit une attaque depuis l’endroit où est posé votre matériel,

AF-001A où votre équipement va rayonner sur une faible distance pour attaquer,

AT-101 où votre armée détruit les ennemis et ensuite va attaquer la base neutre ou ennemie la plus proche pour l’occuper,

DF-F02A où votre défense va repousser tout assaillant et le poursuivre avant de revenir à sa position initiale,

AT-101H où vous attaquez la base neutre ou ennemie la plus proche pour la conquérir et sinon attaque l’ennemi,

BA-001C donne l’ordre de l’attaque finale vers la base principale ennemie

PW-SS10 qui permet au camion de ravitaillement de retrouver et de ramener à la vie, les armes et les troupes sur le terrain.

Fort logiquement certaines combinaisons ne sont pas possibles comme le camion de ravitaillement et l’attaque finale ou le canon de défense antiaérienne et la restauration des HP.

Une fois la base adverse conquise un écran de statistique vous permet d’avoir un mot de passe pour reprendre votre partie plus tard car pour terminer les 32 niveaux cela prend du temps !

Le jeu est également disponible en duo sur le même principe de conquête de bases et éliminer la principale de son adversaire avec ses troupes et équipements.

 

 

Base mineure

Attaque sur la base bleue

Musiques : das ist gut !

 

Fidèle à son habitude Tecnosoft délivre une superbe partition musicale. Toutes les musiques sont nommées et accessibles via le sound test sur le menu principal.

Vous êtes mis dans l’ambiance dés le début avec un surprenant effet stéréo de batterie à l’apparition du tank sur l’écran de titre qui a pour titre « Jagd Flieger » qui se traduirait par Pilote de chasse, encore un peu d’allemand…

Les 18 pistes bien que basiques, à cause de la sortie du jeu à l’issue de la première année de vie de la 16 bit de Sega, sont tout de même variées avec des thèmes enjoués pour les victoires, plus tristes pour les défaites et dynamiques lors des phases de combat. Ce ne sont pas des guitares électriques comme l’on retrouvera dans la série Thunderforce, mais plutôt du synthétiseur. En tout cas le pilote sonore développé par Tecnosoft est une pleine réussite.

Bien qu’en début de carrière la Megadrive prouve qu’elle en a sous le capot et Tecnosoft va démontrer qu’il peut encore faire mieux avec le YM2612 de Yamaha, avec Thunderforce III et IV.

 

Statistiques finales et mot de passe

Graphismes : Es ist hübsch

 

Un peu comme le son, pour un jeu assez récent dans la ludothèque de la Megadrive, il n’y a rien de transcendant sur l’écran. La gestion des sprites se fait sans aucun accro malgré le double scrolling imposé par l’écran splitté. De rares ralentissements apparaissent si les deux vaisseaux explosent quasi au même moment.

Les couleurs sont utilisées avec choix et certains tableaux ont des dominantes rouges (Volcan) ou bleues (Caverne) mais toujours en rapport avec le thème.

Avec sa vue par dessus les effets spéciaux sont quasi inexistants.

Pour les images numérisées de début et de fin, on sent qu’il aurait fallu plus de couleurs disponibles pour avoir un rendu de meilleure qualité, mais la limite de 64 couleurs affichables ne permet de faire de miracles.

 

Victoire !

 

Fin : Es ist das Ende

J’ai eu le jeu il y a maintenant très longtemps, mais c’est bien quelques années après que j’ai découvert via le magazine Megaforce qu’il y avait deux fins ! Je n’avais jamais pris la peine de basculer le joueur 1 sur « Computer » et le joueur 2 sur « Player ». Du coup vous pouvez modifier l’histoire en soit renversant le tyran en jouant l’armée rouge, soit en jouant l’armée bleue pour éradiquer la rébellion pour asseoir le pouvoir en place (qui malgré tout va édulcorer sa main mise sur le peuple !).

En conclusion ce jeu est un peu un OVNI vidéoludique, il n’a pas eu de suite et presque involontairement revendique la paternité du jeu de stratégie en temps réel. Il est complexe à prendre en main car il y a énormément de combinaisons possibles et ce n’est pas un party game avec du fun immédiat. En revanche sa profondeur avec les 8 niveaux et la difficulté croissante permettent de longues heures de jeu pour en voir les fins ! Sauf si les plus impatients cherchent les codes permettant de n’avoir plus qu’un combat à faire…

Rarement mis en avant, Herzog Zwei le mérite largement et il fait parti des jeux pas encore trop cher à l’heure actuelle, tout en sachant qu’il faisait parti de l’entrée de gamme au niveau prix dans les années 90…

Votre serviteur ayant égaré sa copie, a du racheter le jeu en version Japonaise parfaitement jouable malgré tout !

 

Boite et jeu en version Japonaise

 

Fiche technique :

Testé sur Retrofreak, Recalbox PC et Genesis II

Version pour le test : Japonaise

Cartouche 4 Mb non zonée

Type : Stratégie en temps réel

Développé par Tecnosoft

Publié par Sega & Tecnosoft

Sorti le 15/12/1989 au Japon (référence T-18023), Avril 1990 aux USA et 1990 en Europe

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Herzog_(jeu_vid%C3%A9o)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Herzog_Zwei

https://segaretro.org/Herzog_Zwei

https://www.mobygames.com/game/sharp-x1/herzog

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