Au début des vacances, j’avais lancé un sondage sur Twitter afin que vous, lecteurs de Sega Legacy élisiez le sujet d’un de mes prochains articles. Au choix, il y avait F355 Challenge, une superbe simulation sortie en arcade avant de débarquer sur Dreamcast. Manx TT Superbike, une conversion Saturn que j’ai adorée parcourir en multi avec mon pote Jéjé durant mon adolescence. Double Clutch Megadrive alias double embrayage en Français, un jeu aussi intéressant qu’Abrams Battle Tank (pour moi). Et enfin Rastan, un jeu que j’ai régulièrement croisé dans les Easy Cashs & Co, sur les forums et groupes rétrogaming, avec une jaquette Master System qui, je trouve, pète la classe et qui m’a toujours intriguée, mais que je n’avais jamais parcouru.

Rastan (Master System) est l’adaptation du jeu arcade de Taito du même nom. Le jeu est sorti en 1987 sur bornes d’arcade et en 1988 sur la 8 bits de SEGA. Il s’agit d’un mélange de jeu de plate-forme / Hack‘n’Slash (Action ?) prenant place dans un univers héroïque fantasy digne des « grands » films d’exploitation qui remplissaient les salles de cinéma de l’époque. Conan le barbare ; Krull ; Ladyhawke ; Barbarian Queen ou encore Le Dragon du lac de feu, de quoi rajouter une ride aux ados de cette décennie rien qu’à la lecture de ces titres. Coucou Kurdy 🙂

Ces mêmes jeunes qui avaient probablement les posters en 1:1 de Maria Whittaker et/ou Carry Fisher accompagnant Jabba dans leur chambre.

Vue la popularité de ce type d’univers, mélangeant gros muscles, armes blanches et Babes en peau de bête, pas étonnant de voir cet atmosphère cartonné au box-office et débarquer sur Arcades, consoles ou micros de l’époque.

Hache de bataille

Bref, dans ce titre de Taito, on incarne Rastan, un barbare qui est probablement de la même tribu que Yor Le Bourrin, Trod le Massif ou encore Kourga le Haut car Rastan a « une taille de géant et des muscles en fer et il portait les cicatrices de ses nombreux combat sanglant. Tout le monde savait que partout où passait Rastan, l’herbe ne repousserait pas. » Notre héro a été embrigadé par le roi pour sauver sa fille emprisonnée dans la province de Semia, le coupe gorge local. En récompense, le souverain lui promet moultes richesses. Il n’en fallait pas plus pour motiver notre colosse à affuter sa lame et partir à l’aventure délivrer la princesse.

Après quelques parties, une chose est sûre, Rastan est un jeu extrêmement ardu à la difficulté exponentielle. Quand j’ai lu sur Twitter que « Grâce à Rastan, j’ai découvert le ragequit », après quelques parties, j’ai vite compris pourquoi. J’ai sué à grosses gouttes pour en venir à bout.

Le jeu se compose en 7 zones qui sont découpées en 2 niveaux + 1 Boss. La première partie est toujours un environnement extérieur. Plaines, forêt, montagne, grotte, la console fait de son mieux pour retranscrire la région de Semia au plus proche de sa version d’origine.

La seconde partie est un milieu clos (château ou un donjon) qui est la demeure du seigneur de la zone = Boss . Cette résidence est remplie de pièges en tout genre et atteindre la salle du trône (non pas les WC) ne sera pas un long fleuve tranquille. Je reviendrai sur ce point un peu plus tard.

Le bestiaire est relativement bien fourni, toutes (ou presque) les créatures fantastiques de la mythologie grecque sont présentes (Echidna, Chimères, Harpies, soldat squelette, magiciens…), chacune ayant sa propre attaque et arcade oblige, rapporte un certain nombre de points.

Même si elles ne résistent pas bien longtemps aux coups de lame de notre héros et qu’elles disparaissent dans un « splash » de sang, il faudra faire attention à ne pas se faire surprendre car les ennemis « poppent » à l’infini.

Pour nous aider dans ce périple, il est possible de récupérer différents bonus d’attaque / défenses à travers les niveaux. Les bonus d’armes (Hache de bataille / masse d’armes / Epée de feu) sont placés de manière stratégique à travers les niveaux et il faudra généralement jouer les cabris pour les récupérer.

Les bonus de défense (bouclier / cape / armure) apparaissent de manière aléatoire sur les ennemis fraîchement découpés. Il n’est pas rare non plus de voir « popper » d’autres objets comme des potions (santé ou poison) ou des bijoux donnant plus ou moins de points.

Epée en mousse

Dans Rastan, on découvre rapidement que l’adversaire le plus coriace n’est pas forcément celui qu’on croit. Les ennemis ne posent généralement pas de problème en revanche c’est autre chose concernant la jouabilité et le level design. Dès le niveau 2, impossible de mettre un pied devant l’autre sans prendre un dégât, tomber dans un piège ou se prendre un mur voire les trois en même temps.

Ce qui a tendance à transformer notre périple en véritable calvaire. On sent la roublardise et le vice des développeurs dans certains passages, ça en est décourageant. Même si à chaque boss vaincu, notre barre de vie augmente, elle n’augmente pas assez vite ou trop peu au vu des obstacles à surmonter.

Les combats contre les seigneurs de région sont fourbent, même si on esquive les coups de notre adversaire, rien qu’être dans cette salle, on perd de la vie en permanence (air empoisonné par exemple comme indiqué dans la notice). Pour faire simple, si ce n’est pas le boss qui nous achèvera, c’est le chrono qui s’en chargera si vous n’êtes pas assez rapide. Dommage car leur design allant du centaure au dragon en passant par les guerriers et magiciens sont originaux et vraiment classes. On est loin de la repompe de skin en changeant la couleur.  Les 3 continues que l’on a pour finir le jeu ne sont pas de trop.

Au niveau musical, pas de grande variété ou thème qui sort du lot, le jeu reprend les 3 morceaux (un thème pour les niveaux en extérieur, un autre pour les donjons et un dernier pour les boss), de la version arcade mais version 8 bits. Honnêtement rien de bien folichon, de plus une boucle auditive redondante qui tape rapidement sur le système.

Coup de grâce

Même si je ne regrette pas d’avoir découvert Rastan, l’indication « Grâce à Rastan, j’ai découvert le ragequit », est finalement ce qui décrit le mieux le titre. Aujourd’hui la difficulté exponentielle (surtout injuste car découlant d’un level design plus que foiré (je ne trouve pas d’autre mot)) aura raison de la plupart des joueurs, seuls les plus acharnés arriveront au bout de l’aventure. Même en utilisant des Saves State, cela n’a pas été une mince à faire pour moi. Je ne peux que m’incliner et féliciter les joueurs qui ont fini l’aventure à l’époque sur le support original ! GG à eux !

Coming soon…

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