S’il y a bien un jeu que j’ai depuis longtemps sur Xbox 360 et que je n’avais toujours pas lancé il s’agit bien de celui-ci : Catherine. Jeu typiquement Atlus avec son univers très japonisant, je n’ai jamais osé franchir le pas, il faut dire que sur cette machine, nous avons eu le droit à bon nombre de pépites made in SEGA (entre autres) et donc j’attends depuis 2013 (date à laquelle SEGA a racheté Atlus) pour m’essayer à ce titre si particulier, qui je dois le dire m’a toujours assez intrigué. Sorti également sur PS3 et ensuite dans une version ++ nommée « Full Body » sur PS4, PC et Xbox One, c’est même sur la machine de Nintendo, la Switch, que j’ai enfin franchi le pas du monde de Catherine lors de sa sortie en ce début juillet 2020.

Après une période de confinement plutôt compliquée, quoi de mieux que de se pencher sur un titre aussi aguicheur et affriolant que ses protagonistes féminines… qui dit personnage féminin dit forcément remise en question et questions particulièrement existentielles (oui, je sais ce raccourci est tellement facile !). Nous sommes dans la peau de Vincent un jeune homme amouraché d’une certaine Catherine qui va se retrouver à devoir effectuer certains choix de vie : mariage, paternité, adultère… et c’est un véritable casse tête psychologique qui s’offre à nous dans cette première phase de jeu où s’entremêlent à la fois des cinématiques plutôt classes et des phases de gameplay façon Visual Novel (mais alors hyper light) qui permettront d’avancer dans l’aventure. C’est au fil des différents choix à faire pour notre ami Vincent que le titre se déplie devant nous avec un trio qui devient même un quasi quatuor dans cette version complémentaire (Vincent et Catherine, Katherine la représentante de la luxure ainsi que Rin la petite dernière). Pour ma part, je dois peut être être l’un des rares à ne pas avoir plus accroché que ça mais disons que c’est typiquement le genre de jeu qui ne me fait ni chaud ni froid… Bref, là dessus assez grosse déception pour ma part bien que les différents choix amènent différentes situations et surtout plusieurs fins différentes au titre qui permettra de grossir la durée de vie du jeu (à noter une fin supplémentaire dans cette version pour les héroïnes du jeu de base).

Là où je me suis plus régalé c’est évidemment dans la seconde partie où il y a enfin du gameplay (souvenez vous je n’aime pas tout ce qui est RPG et donc encore moins tout ce qui touche de près ou de loin au J-RPG et Visual Novels, ce qui m’a rendu totalement hermétique à cette première phase). Nous avons ici le droit à un jeu de réflexion plateforme plutôt bien réussi où Vincent devra échapper à ses terreurs nocturnes. Lors de ses cauchemars, il se retrouve en bas d’un niveau rempli de cubes et de moutons (ou des boucs / représentant les hommes en règle générale), il devra se frayer un passage jusqu’en haut de la tour afin de pouvoir changer de niveau. Le gameplay est plutôt intéressant car on se retrouve face à un style de Sokoban évolué en 3D avec pas mal de pièges en tout genre. Par exemple, il vous faudra composer avec des cubes à déplacer, sans les faire tomber dans le vide, éviter les pics (façon Prince of Persia, le premier du nom évidemment), mais également faire face à ces hommes punis qui veulent tout faire pour nous faire tomber. Pour arriver à vos fins, vous disposerez de la possibilité d’annuler votre dernière action mais aussi de multiples bonus… Croyez moi c’est parfois un sacré challenge (surtout dans les niveaux de difficulté les plus élevés) d’arriver à la sortie du niveau, surtout quand les plus grandes craintes de Vincent vous pourchasseront depuis le bas du niveau (no spoil promis !).

Alors me direz-vous : que faire face à ce jeu ? Ce titre en soit est une réussite totale, même s’il commence légèrement à dater, les cinématiques façon anime sont plutôt bien réussies et le gameplay sur la seconde phase est plutôt intéressant et non désuet. Quelques ajouts par rapport à l’édition originale, comme le personnage supplémentaire qu’est Rin… à qui il faudra bien répondre à un moment donné sinon celle ci ne sera plus que considéré comme un énième personnage dans l’entourage du héros. Là où je trouve que cet ajout est un vrai coup d’épée dans l’eau réside dans le fait que Rin n’interagit jamais dans les histoires de Catherine et Katherine, donc on peut se retrouver avec exactement la même histoire que sur le jeu original (si les réponses ne correspondent pas aux embranchements requis). Cependant, on peut saluer le travail d’Atlus sur cette version en proposant le mode Remix particulièrement sympa et les ajouts relatifs au mode en ligne (morts des joueurs connectés, sondages sur les réponses aux questions…) mais on peut également apprécier la présence sur Switch des 4 DLC payants de Catherine Full Body, ce qui permettra aux fans de la première heure de profiter pleinement de l’expérience. Aucune faiblesse technique pour cette version que ce soit en mode docké ou portable, ce qui en fait une grande force tant il est pratique d’emmener son jeu où on le souhaite (il n’était sorti qu’au Japon sur PS Vita à l’époque). Si comme moi, vous êtes fan d’arcade il n’y aura que la phase de réflexion plateforme qui vous plaira et le reste vous paraitra d’un chiant au possible (oui je sais c’est cash !). Par contre, si vous aimez les jeux où il y a énormément de dialogues en vue de comprendre la psychologie du personnage central et influer sur les choix cruciaux de sa vie alors Catherine est fait pour vous, si vous n’avez pas déjà craqué vous pouvez y aller les yeux fermés.

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