G-LOC (qui se prononce JEE-lock ou qui peut se traduire par « phénomène du voile noir » en français) est un phénomène physiologique apparaissant en particulier chez les pilotes de chasseur dans des conditions de vol extrêmes. Changement de direction rapide, vrille, tonneaux, piqué ou encore accélération en post combustion (qui se traduit en anglais par un autre titre de maitre Yu Suzuki. Quoi tu n’as pas trouvé ? ==> Clique ICI mais ça mériterait un blâme). Bref, dans ces conditions, le cerveau n’étant plus suffisamment irrigué par le sang, il y a perte de la vision, ceci précédant une perte de connaissance, vers 5G. Le voile noir est lui-même précédé du voile gris (perte de la vision périphérique et altération de la vision centrale), qui intervient aux alentours de 4G.

G-LOC est une simulation de combat aérien descendant directement d’After Burner 2. Contrairement à son ainé, ici on pilote un avion de chasse (au design proche d’un Grumman F-14 Tomcat [Top Gun Power !!!]) en vue cockpit. Grâce à sa vue subjective et ses magnifiques bornes « deluxes » et R360, montées sur vérins ou gyroscope, Yu Suzuki a voulu (et sans doute réussi) à retranscrire au mieux les sensations ressenties lors d’un combat aérien et tout ça pour une poignée de pièces de 10 Frs ou 100 ¥.

Est-ce qu’après 30 ans sans être sorti du placard (ou presque) ce titre a-t-il gardé de toute sa superbe sur Switch ?

Décollage

A peine le titre lancé, que le studio M2 nous montre encore l’étendu de leur savoir-faire. Les jeux de la gamme « Ages » je les ai presque tous sur ma Switch mais jamais je n’ai été aussi scotché devant mon écran lors du lancement d’un de leur titre. Le mouvement de borne dynamique suivi des vibrations HD Rumble des joycons qui parcourt nos doigts, on se croirait à la bonne époque de « La Tête dans les nuages » alors qu’on n’a pas passé l’écran du mode arcade.

Concernant le mode arcade, 3 niveaux de difficultés « Beginner », « Medium » et « Expert ». Chaque échelon propose un nombre de niveaux et une jouabilité progressive.

Le niveau débutant propose une jouabilité simplifiée, l’accélération n’est pas gérée, l’assiette latérale max de notre appareil est de 45°. La campagne comprend 8 missions et 1 appontage mais on est globalement sur du tir aux pigeons MIGs sur les 4/5 premiers niveaux. Cependant, pour un public débutant, jeunes enfants ou Terry de Level Max (LOL), c’est une bonne entrée en matière. (Blague à part, si vous cherchez un podcast où on parle sérieusement de JV sans se prendre au sérieux et avec du rhum [beaucoup], je vous conseille chaleureusement les podcasts de Level Max [en complément des nôtres bien sûr]).

A partir du mode intermédiaire, on peut utiliser la post combustion pour distancer ou rattraper nos ennemis, idéal pour se désengager du « lock-on » ennemis ou éviter de perdre une cible en cours de verrouillage qui file vers l’horizon. L’inclinaison de notre aéronef est augmentée, il nous est possible de mettre notre avion à la perpendiculaire. Les commandes sont aussi plus réactives et les mouvements du « cabinet » encore plus grisant. La campagne est également plus longue et se déroule sur 12 missions et 1 appontage.

Le niveau expert, en plus de la gestion de l’afterburner, on a une liberté totale de mouvement. Il est possible de voler la tête en bas, pas de recentrage automatique quand on lâche les commandes. Dans une cabine R360 ce mode de jeu devait être tout simplement génial. C’est le mode de jeu où la compagne et la plus longue, elle comprend 16 missions (dont 1 bonus). Un petit défi en somme.

Dans tous les cas, le principe du jeu reste le même. On décolle du porte-avions et on a un nombre de cibles à abattre (aérienne ou terrestre) pour passer au tableau suivant. D’ailleurs, elles ne se laisseront pas verrouiller sans rien faire. Certains ennemis vous attaqueront de face et peuvent endommager votre verrière tandis que d’autres arriveront par la queue (je parle de notre chasseur) et tenteront de vous descendre au canon Vulcan ou par un missile air-air bien senti dans l’arrière-train… d’atterrissage.

Notre appareil peut subir quelques dégâts avant l’explosion en plein ciel et l’éjection du pilote. Ceci sont matérialisés par des impacts de balles sur l’écran, une barre de dommage et la zone impacté clignote en rouge. Mais, notre principal ennemi reste le chrono. Qu’importe le nombre de fois que l’on se fait descendre, tant que le chrono tourne, le jeu continue.

Concernant les environnements traversés, c’est assez pauvre, plat et rébarbatif, autant prévenir tout de suite, ce n’est pas After Burner Climax. Le jeu est un pur produit de l’arcade sorti il y a 30 ans, programmé sur des cartes « Sega Y Board » qui sont les mêmes que Power Drift, Rail Chase ou Galaxy Force. Si vous cherchez une claque graphique, ce n’est pas la peine de vous pencher sur le titre. L’intérêt du titre est ailleurs (comme X files), notamment sur l’expérience que proposait ces bornes manèges / machines à pièces sur des sessions brèves. Elles avaient tendance a nous envoyer du rêve et procurer des sensations uniques (Pour m’être essayé à des bornes certes plus récentes mais du même gabarit [celle de climax par exemple], cela est aussi fun qu’éprouvant pour les articulations et le dos sur des sessions plus longues [Pas bon de vieillir]).

Personnellement, je trouve que M2 a très bien saisi l’âme du titre en proposant les différents mouvements de caisses des bornes (moving seat et cockpit). Cela rajoute à la fois à l’immersion mais cela fait aussi partie clairement de l’essence du jeu. Le studio japonais est allé même jusqu’à intégrer le cliquetis si caractéristique des bornes d’arcade. Même si cela ne s’entend pas forcement lors d’une partie, on entend clairement ces sons lors du replay. Il n’y a pas à dire, ce sont des tueurs chez M2.

En plus du mode arcade, un mode « Ages » est aussi disponible. Il consiste à parcourir 16 missions avec les commandes en mode beginner avec verrouillage rapide des missiles. En revanche, pour finir ce mode, il faudra le one créditer.

Après on reste sur du traditionnel ranking ; replay et option qui permettent de choisir la version du jeu internationale ou japonaise, le niveau de difficulté, le nombre de crédits (obligatoirement 3 lors de la première partie).  On peut également choisir aussi la borne du jeu « cockpit » ou en mode pleine écran avec des filtres plus ou moins bof. Me concernant j’aime tellement la borne par défaut.

La tête les nuages…..

Voilà dans les grandes lignes mon retour sur ce dernier né de la gamme Ages. Est-ce que je le recommanderai ? Oui pour plusieurs raisons. La première, si on veut que le studio M2 continue à nous abreuver des pépites de l’arcade de SEGA, il faut les remercier en achetant leurs titres surtout qu’ils sont de qualité et aussi bien retranscrit. Ensuite, concernant G-Loc, c’est un titre que l’on ne retrouve pas souvent voire jamais dans les différentes compilations sorties sur les consoles précédentes et c’est une excellente alternative ou complément (au choix) à After Burner.

….Mais les pieds sur Terre

Cependant, je pense que le prix actuellement proposé de 6,99€ est un poil élevé. Hormis un mode arcade gratifiant qu’il soit, il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent et on a rapidement fait le tour. L’enrobage est sublime, il n’y a pas d’autre mot mais hormis ça, ça reste un jeu conçu pour jouer 10 / 15 minutes par session. On n’y jouera pas plus d’une heure par partie et même si on prend plaisir à lancer le titre dans un moment de creux (entre 2 jeux par exemple) ou pour se vider la tête en rentrant du boulot, pour moi ça reste un jeu d’appoint.

Les promos sur l’Eshop de Nintendo sont régulières et en promo pour 4,5 ou 5€ ça se tente ne serais ce par curiosité. Me concernant, j’ai trouvé l’expérience de jeu bien agréable et surprenante.

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